Peut-on réduire concrètement son risque de cancer à table ? Pour Nichole Andrews, diététicienne spécialisée en oncologie – et autrice au franc-parler assumé – la réponse est un oui franc. Elle l’affirme haut et fort sur Instagram : certains aliments sont, selon elle, à bannir totalement pour limiter le danger. Voici les trois coupables qu’elle raye sans la moindre culpabilité, pour une santé qui en redemande.
L’alimentation, ce domino qui joue gros sur notre santé
Ce que nous mettons dans notre assiette pèse lourd sur la balance de notre bien-être. Bien sûr, personne ne rêve de voir son déjeuner se transformer en ticket pour le cabinet d’oncologie ! Nichole Andrews sonne donc l’alerte : les petits choix du quotidien peuvent faire grimper le risque de cancer sans même qu’on s’en rende compte.
La diététicienne, auteure de « The F*ck Cancer Cookbook », profite justement d’une hausse inquiétante des diagnostics aux États-Unis (cancers du sein, de la prostate, du pancréas ; et surtout, montée fulgurante du cancer colorectal chez les jeunes) pour remettre quelques pendules à l’heure.
Son cheval de bataille ? Offrir des vérités basées sur la science pour reprendre le pouvoir sur nos fourchettes. Et ses recommandations tombent à pic.
Menu noir : les trois aliments qu’elle bannit sans détour
- Les viandes transformées : charcuterie, saucisses, bacon ou corn beef, le tout envoyé illico dans la case « à proscrire ». Leurs points communs ? Elles sont salées, fumées ou truffées d’additifs chimiques pour prolonger leur conservation – mais pas nos jours en bonne santé. Depuis 2015, la viande transformée trône au palmarès des substances « cancérogènes pour l’homme » du Centre international de recherche sur le cancer (Organisation mondiale de la santé), rien que ça. Pourquoi ? Car les preuves sont jugées suffisantes d’après les études épidémiologiques : leur consommation serait tout droit liée à un risque accru de cancer colorectal.
- Alcool : là, le zéro pointé est assumé ! Nichole Andrews n’y va pas par quatre chemins : « J’évite tout alcool de ma vie. » Elle ne croit pas au verre relaxant de fin de journée ou à son effet « social » : l’alcool est la troisième cause évitable de cancer et mériterait, selon elle, une étiquette d’avertissement. Les chiffres donnent le vertige : d’après le chirurgien général américain Vivek Murthy, au moins sept types de cancer sont concernés (sein, intestin, foie, gorge…), et 16,4 % des cas de cancer du sein lui sont attribués. En cause : l’alcool boosterait l’œstrogène et autres hormones reliées à ce cancer, et générerait lors de la métabolisation des substances chimiques qui peuvent carrément endommager l’ADN. On comprend que la fête s’arrête là.
- L’abus de compléments alimentaires : moins médiatisé et pourtant tout aussi risqué, le recours aux gélules magiques peut virer au dangereux. Nichole Andrews prévient : « Ne cherchez pas de compléments alimentaires pour réduire le risque de cancer, car, en fait, de fortes doses peuvent l’augmenter. » Elle vise particulièrement les surdoses de bêta-carotène, associées à un sur-risque de cancer du poumon chez les fumeurs. Son mot d’ordre : compléments, uniquement si un médecin les recommande. Pour le reste, elle préfère puiser ses nutriments dans l’assiette plutôt qu’en pharmacie.
Les dessous scientifiques de ces choix radicaux
Pas de zèle sans explication : chaque exclusion de Nichole Andrews s’appuie sur des données solides. Pour les viandes transformées, ce sont notamment les nitrates et nitrites qui inquiètent. Selon le Anderson Cancer Center au Texas, ces composés abîment la paroi intestinale, augmentant ainsi le risque – et la cuisson à haute température n’arrange rien, générant au passage des substances cancérogènes, comme les amines hétérocycliques et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Ces dernières provoquent le cancer chez l’animal. Pas franchement motivant pour se resservir de bacon.
Côté alcool, l’experte rappelle que l’illusion apéritive vole en éclats dès qu’on considère l’effet sur l’organisme. L’alcool favorise différentes tumeurs (sein, intestin, foie, gorge…), et peut, lors de son métabolisme, « abîmer » l’ADN, ouvrant la porte aux mutations dangereuses. Aux amateurs du slogan « un petit verre pour la route », Nichole Andrews répond : « Sans moi, merci. »
Quant aux compléments alimentaires à profusion, ils sont loin d’être inoffensifs. Les études montrent que des doses élevées de certains nutriments, le bêta-carotène notamment, sont liées à un risque accru de certains cancers chez des populations ciblées, comme les fumeurs. Voilà qui redore l’image des fruits et légumes… entiers.
Reprendre le pouvoir : vigilance et bon sens au menu
Alors, doit-on regarder sa liste de courses avec méfiance ou frustrations ? Nichole Andrews préfère miser sur la connaissance : être informé, c’est être armé pour choisir au mieux. S’il n’existe pas de recette miracle universelle, certains aliments méritent clairement un carton rouge selon elle. Et finalement, pourquoi ne pas se régaler sainement tout en évitant de donner du grain à moudre aux maladies ? La santé commence dans l’assiette, parfois par ce qu’on choisit de ne plus y mettre.












